Facteurs prédictifs de réponse chez les malades atteints d'hépatite chronique C de génotype 1

Bihérapie

Les facteurs prédictifs de réponse à la bithérapie pégylée (Peg-IFN + ribavirine) sont bien identifiés. Chez les malades infectés par le génotype 1, il s’agit essentiellement de l’âge (< 40 ans), du niveau de la charge virale (< 600 000 UI/ml), de l’absence de fibrose sévère et de l’absence d’insulinorésistance. Le poids statistique du polymorphisme du gène de l’IL28B paraît similaire à celui du génotype viral. En combinant le statut IL28B et la réponse virologique rapide (RVR), il est ainsi possible d’identifier un groupe de malades pour lesquels une bithérapie par Peg-IFN et ribavirine entraîne une réponse virologique soutenue (RVS) dans 90% des cas, et chez qui la trithérapie est probablement inutile.

La détermination du génotype de l’IL28B  est utile à la décision du traitement à appliquer chez les malades naïfs de génotype 1 ayant une fibrose non sévère (< F3). Chez les malades naïfs de génotype 1 ayant des facteurs prédictifs de bonne réponse au traitement (génotype CC de l’IL28B (rs12979860) et fibrose < F3), les chances de guérison sont de l’ordre de 80% avec la bithérapie, le gain étant absent ou modeste en trithérapie. Une bithérapie doit donc être envisagée en première intention. Si une RVR est obtenue la bithérapie sera poursuivie selon l’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), les chances de succès étant de 90%. En l’absence de RVR, une trithérapie doit être envisagée.

 

Trithérapie

Les facteurs préthérapeutiques prédictifs de réponse à la trithérapie (Peg-IFN + ribavirine + inhibiteur de protéase) sont :

Pour le télaprévir : l’âge < 40 ans, le sexe féminin, l’absence de fibrose sévère, un index de masse corporelle < 25 kg/m² et une infection par le génotype 1b versus 1a. Le gain thérapeutique entre bi et trithérapie était plus élevé chez les malades CT et TT que chez les malades CC du polymorphisme du gène de l'IL28B (rs12979860).

Pour le bocéprévir : l’origine ethnique, la charge virale, l’âge, l’absence de cirrhose et la prise de statine ainsi que le polymorphisme du gène de l'IL28B (rs12979860). En comparaison à la bithérapie, un gain thérapeutique était observé uniquement chez les malades CT (41%) et TT (32%), mais pas chez les malades CC.

Même en présence de facteurs de mauvaise réponse au traitement (IL28B non CC, fibrose F3F4) les chances de succès sont supérieures à 50% en trithérapie en comparaison à la bithérapie. En cas de facteurs de bonne réponse (IL28B CC et fibrose < F3) le bénéfice apporté par la trithérapie paraît plus faible (télaprévir) ou absent (bocéprévir).

La possibilité de raccourcir le schéma thérapeutique de trithérapie est envisageable chez les malades ayant une réponse virologique rapide étendue (eRVR) (virémie devenue non détectable après 4 semaines de trithérapie et le restant jusqu’à la semaine 12 pour le télaprévir, et la semaine 24 pour le bocéprévir). Dans ce cas, la probabilité de RVS est très élevée et un traitement court (28 semaines avec le bocéprévir et 24 semaines avec le télaprévir) est suffisant. En cas de fibrose sévère (F3 ou F4), même s’il existe une eRVR, les chances de succès semblent plus faibles et une prolongation de la durée de traitement à 48 semaines est proposée.

 

 

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