Hépatite C & vitamine D

L’étude de Lange CM, Bibert S, Kutalik Z, Burgisser P, Cerny A, et al. (2012) suggère un rôle de la vitamine D (1,25 [OH]2D3, calcitriol) dans la réponse au traitement de l'hépatite chronique C. Cependant, la concentration sérique du précurseur 25(OH)D3 du calcitriol n'est pas un prédicteur approprié de résultat de traitement. En fait, les taux sériques de 25(OH)D3 étaient même un peu plus faible chez les patients ayant une réponse virologique soutenue (RVS) par rapport à ceux qui n'ont pas répondu au traitement.

Récemment, la carence en vitamine D (définie par une concentration sérique 3]) a été proposée comme un facteur prédictif d'échec du traitement de l'hépatite chronique C avec l’interféron alfa pégylé (PEG-IFN-α) et ribavirine. En outre, une carence sévère en vitamine D est une caractéristique commune de l'hépatite chronique C, même en l'absence de fibrose hépatique avancée. Leur étude confirme que les patients atteints d'hépatite C chronique ont une forte prévalence de carence en vitamine D. Ces patients ont montré une prévalence élevée de carence en vitamine D (25 [OH]D3 < 20 ng/mL) en toutes saisons.

La vitamine D est un modulateur immunitaire important, comme par exemple pour les cellules T et les macrophages qui dépendent crucialement de calcitriol dans diverses conditions.

En 2011, Abu-Mouch et al du Hillel Yaffe Medical Center, Hadera (Israël) (doi: 10.3748/wjg.v17.i47.5184) a montré que l’ajout oral de vitamine D3 (2000 UI/j, cible sérique > 32 ng/mL) à la thérapie conventionnelle Peg-α-2b/ribavirine pour des patients avec une infection chronique par le virus de l’hépatite C (VHC) de génotype 1 naïfs de traitement, améliore significativement la réponse virale. En 2012 ces chercheurs ont montrés un résultat similaire pour des patients naïfs avec un VHC de génotype 2 et 3 (doi: 10.3748/wjg.v18.i8.800).

Les associations entre un polymorphisme fonctionnellement pertinent dans le gène codant la vitamine D 1α-hydroxylase (le génotype CYP27B1-1260 rs10877012, marqueur génétique biologiquement actif de la vitamine D) et la réponse au traitement par PEG-IFN-α et ribavirine ont été déterminés chez 701 patients atteints d'hépatite C chronique. Le génotype CYP27B1-1260 rs10877012 a été trouvé être un facteur prédictif indépendant de la réponse virologique soutenue (RVS) chez les patients avec des génotypes IL28Brs12979860 défavorables de faible réponse (différence de 15% en SVR pour rs10877012 génotype AA comparativement au CC), mais pas chez les patients avec le génotype IL28B favorable.

L’étude de Lange et al. suggère un rôle de la vitamine D dans le métabolisme de la réponse au traitement de l'hépatite chronique C, en particulier chez les patients avec le génotype IL28B rs12979860 défavorable.

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